Poèmes

Drôle de rentrée !

Drôle de rentrée.

14113916 10207191499605933 222450782 o

La canicule fin août comme un frein à la rentrée.

Des hommes politiques qui parlent dans le vide

La terre tremble, comme une terrible banalité

Planète fatiguée, bientôt que des terres arides

 

Et puis prendre de la hauteur, beauté du Queyras

Des torrents qui courent, un sentiment d’éternité

S’arrêter sur un sommet, oublier tout ce fatras

Là-haut, de notre temps on oublie la médiocrité  

 

L’enfant est arrivé, il parait que je suis grand-père

Hugo en a fait un recueil, je suis plus modeste

Je me contente d’être là, poser ses repères

La juste distance, trouver les bons gestes.

 

Quel monde allons-nous laisser à ces enfants ?

Tant de choses semblent parfois nous échapper

Un temps qui chasse les Pokémons est terrifiant

Mais qui fera demain remarcher les paralysés

 

De quel côté penchera demain le balancier ?

Retour en obscurantisme, femmes grillagées !

Massacre pour des Dieux hypothétiques usés

Prise de conscience de l’essentiel, avancer !

 

Nous sommes tous victimes, bourreaux et acteurs

Peu de choses pour chacun, retrouver nos émois

Un effort, Il suffit souvent de poser les écouteurs

Le pire n’est jamais certain, alors souriez-moi !

CANICULE

Canicule…

000142707 87

Chaleur d’août, camisole immobilisante

Avoir le temps de rester sous l’ombre

Ne rien faire, juste s’aimer en douceur

Ici le temps figé, ne bougent que les mirages

Croire à l’été infini, oublier l’arrivée de l’hiver

Une goutte d’eau glisse sur ton cou, trouble !

La nuit aussi chaude, moiteur des corps

Enfin demain, s’en ira cette compagne tueuse…

Sclérose.

Sclérose

Images 2

 

Elle se lève comme tous les matins. Pourtant aujourd’hui les douleurs sont plus vives, plus aigües. Sortir de son lit est une épreuve. Elle se traine jusqu’à la cuisine, fait couler un café et ouvre la boite à pilules. Il y en a de toutes les couleurs.

Elle se demande un instant si avaler toutes ces saloperies à un sens. Pourquoi continuer alors que chaque jour la maladie progresse dans son corps.

Les médecins ont des formules pour amoindrir la vérité. La progression est stabilisée ! On dirait des hommes politiques qui parlent de la courbe du chômage. Ils vont me prouver par A plus B que je vais crever en bonne santé.

On verra les cachets plus tard. D’abord un café !

Elle voudrait le boire debout, comme ces femmes actives qui le font en consultant leurs mails, en corrigeant les devoirs des enfants et en planifiant leur repas du soir…Pour elle chacune de ces étapes est une montagne qu’il faut escalader…Plus envie de se battre…

« Bonjour maman »

Sa petite tête brune est là auprès d’elle et l’embrasse. Elle a huit ans et elle sait déjà soulager sa maman de bien des tâches. Elle n’attend pas que sa maman bouge pour préparer son petit déjeuner…

« Tu veux une tartine maman ? »

« Merci ma chérie, et passe-moi la boite avec les médicaments ! »

En une phrase sa fille vient de lui donner l’envie de continuer. Elle ne peut pas l’abandonner maintenant. C’est trop tôt.

Avec application elle ingurgite ses cachets…

« Maman je vais prendre ma douche »

« Je me repose un peu sur le canapé. Si tu as besoin de moi, appelle-moi »

Sa fille disparait avec un sourire. Ce sourire lui fait mal. Son enfant a déjà compris que la plupart du temps c’est elle qui a besoin d’elle. Toutes ces journées ou les forces l’abandonnent. Elle a huit ans et c’est souvent elle qui gère l’essentiel !

Affalée sur le canapé elle ferme les yeux quelques instants…

Elle voudrait juste quelques semaines retrouver sa vie d’avant…Se lever d’un coup de son lit, courir sous la douche, faire mille choses à la fois…Se donner sans retenue à cet homme qu’elle aimait…

Il est parti. Par lâcheté ! Pourquoi l’accabler ! Elle ne le supportait plus de toute façon ! Le voir s’activer dans tous les sens avec sa forme insolente…Elle avait fini par faire de lui son souffre-douleur, comme s’il était responsable de son état…

Il n’est jamais très loin. Il s’occupe très souvent de la petite, lui rend mille services sans en avoir l’air…Elle sait qu’il est là avec une tendresse discrète…Mais la nuit, c’est une autre qui se glisse dans ses bras. Une femme entière, en bonne santé…

Elle aussi elle pourrait trouver quelqu’un. La maladie ne lui interdit pas l’amour…

Mais comment se donner avec son corps quand celui-ci vous trahi ? De plus en plus elle s’éloigne de lui. Son esprit vagabonde loin de cette chair, de ces muscles ! 

Quand elle ferme les yeux, elle devient libertine…Elle se fabrique des histoires folles, des audaces inavouables. Elle est femme fatale qui avance vers un homme, elle affirme ses désirs, joue avec le corps d’un inconnu, crie de plaisir…

Alors qu’elle ferme les yeux pour se plonger dans ses doux fantasmes, une douleur la traverse…Terrible piqûre de rappel. La bête est là qui somnole en elle. Au moment où elle pense qu’elle dort, d’un coup de griffes elle marque sa présence…

Le café lui donne l’illusion de bien-être…Affronter une nouvelle journée…Une nouvelle bataille…

Ne pas laisser cette saloperie gagner sans combattre…

« Maman, c’est l’heure de l’école ! »

« J’arrive ! »