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Un départ
- Le 11/05/2015
- Dans Poèmes, textes, billets d'humeur.
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Un Départ
Ils rentrent dans l’hôtel, le luxe est partout
Le portier se précipite, ils ont peu de bagages.
Semblent un peu perdus, au milieu de ce hall
Sont si différents de cette foule de privilégiés
Quatre-vingt-onze printemps pour ses cheveux blancs
Quelques mois de moins, pour cette femme qu’il aime
Ils découvrent leur chambre, osent à peine entrer.
Les gens biens ont souvent peur de salir les tapis.
Ce soir ils mangent au sein de cette salle
Ils se regardent en silence, intimidés et émus
L’amour passe encore dans leur yeux, font envie.
Ils picorent leurs assiettes, repas du soir léger.
Quand ils quittent le lieu, les regards les suivent
Il est encore tôt, remontent dans leur chambre
Chemise de nuit pour elle, pyjama pour lui
Une boite de cachet posé de part et d’autre du lit
Le matin, personne ne les voit descendre déjeuner
On s’inquiète, on frappe, on enfonce la porte
Ceux qui sont là se figent, allongés main dans la main
Un départ désiré, un courrier posé devant la télévision.
C’était il y a quelques semaines, des amoureux partaient
Dernières économies, évasion en douceur et dans la soie
Certains crient au drame, je suis heureux pour eux
Deux mains serrées et unies, pour un dernier voyage.
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Une course de haies
- Le 09/05/2015
- Dans Poèmes, textes, billets d'humeur.
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Une course de haies
A dix-huit ans je ne voyais pas mes vingt ans
Cela me paraissait si loin, colline éloignée
Cependant par un matin banal, j’ai passé le cap
J’avais vingt ans et je ne voyais pas la différence.
A vingt-cinq ans, je ne croyais pas arriver à trente
Mais j’y suis parvenu et j’avais une enfant dans les bras
J’avais changé de grade, j’étais un chef de famille
Et pourtant je n’avais pas vu les années passées.
Pas de souvenirs de trente-cinq ans, quelle peur j’avais !
Les deux filles étaient là, je me sentais responsable
J’étais persuadé de devoir les abandonner avant quarante
C’est terrorisant l’idée de ne pas accompagner ses enfants.
Bientôt cinquante ans. Ils me semblent encore impossibles
Pourtant aujourd’hui je suis plus philosophe, peu d’importance
Elles sont grandes, volent de leurs propres ailes, soulagement !
Sentiment du devoir accompli ! Juste les accompagner.
Ou s’arrêtera cette route ? Eternelle question sans réponse
C’est pourtant quand on attaque la fin de la course
Que les foulées semblent plus légères, plus souples
Moins indispensable pour les autres, ne pas devenir une charge !
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Ils citent Mandela
- Le 08/05/2015
- Dans Poèmes, textes, billets d'humeur.
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Ils citent Mandela
Ils roulent en voiture de luxe, lisent sur leur tablette
Ne supportent pas la misère, protégés dans leur résidence
Ils condamnent le racisme, mais pas de noirs chez nous
Mais comme il est de bon ton, ils citent Mandela !
Ils ne supportent pas le bruit des voisins, querelles sans fin
Sont fascinés par les corps en lambeaux, infos en boucle
Le bureau est une jungle, tout est bon pour une promotion
Mais dans une soirée entre amis, ils citent Gandhi !
Ils votent pour des élus corrompus, la faute aux juges !
Se complaisent à croire tous les démagogues
A force de compromis, ne savent plus où ils sont.
Mais dans leur analyse politique, ils citent De Gaulle !
Je suis comme les autres, une addition de petites lâchetés
Je m’arrange entre le réalisme et l’utopie, mélange compliqué
Devant tous ces grands hommes, je reste dans mon coin.
Et en dernier ressort, je suis le seul que je préfère citer !
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Dernier jour de Terminale....
- Le 07/05/2015
- Dans Poèmes, textes, billets d'humeur.
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Dernier jour de Terminale
Il est 16 heures, la sonnerie du lycée retentit. D’habitude nous sommes pressés de passer la porte. Pas aujourd’hui.
Ces couloirs fréquentés pendant trois ans sans les voir. Ces escaliers de pierre usés où d’autres avant nous sont passés.
Le dernier jour…Ces trois mots en boucle dans mon esprit. Une vie derrière moi, des questions devant !
Nicolas, Bruno, Philippe et tous les autres, je vais vous revoir…Mais demain, et avec un autre regard. En passant la porte nous laissons au porte-manteau nos pelures d’enfants, d’adolescents.
Demain le bac, la fin de l’école. Je suis heureux de grandir, j’ai peur d’être un adulte.
Le ciel est celui du printemps, les filles sont belles et troublantes…Ma meilleure amie sent la vanille…
Nous rions, finit les profs !
On marche vers la place Bellecour…La nostalgie est déjà là, présente à chaque pas.
Nous sommes regroupés, on se presse de questions…Toi la fac, toi une belle école…Je veux dire à Séverine que je l’ai toujours désirée…Je ne parle pas. Pourquoi gâcher ce moment ?
La place est bruyante, parsemée de groupes comme le nôtre qui tels des vers à soie, deviennent des papillons.
On retarde le moment, on se fixe des rendez-vous. On parle déjà de nos souvenirs. Je veux tous les saluer, même ceux que je ne supporte pas…
Des poignées de mains appuyées, des embrassades un peu trop sages.
La statue de Louis LIV est là devant mes yeux.
Je sais déjà que jamais je ne pourrai passer devant elle sans penser à l’instant présent.
Je ne suis plus un enfant, je rentre dans la vie d’adulte, celle des grands…J’ai le vertige !
Dernier jour de Terminale…
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Agnès
- Le 06/05/2015
- Dans Poèmes, textes, billets d'humeur.
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Le 16/11/2011 Au Chambon-sur-Lignon
Agnès
A l’ombre des sapins du Chambon, dans le froid de novembre
Un loup sanguinaire attendait sa proie, prêt à tuer
Regarde petite fille la couleur du ciel, cette dernière lumière !
En fermant les yeux, tu tentes d’ouvrir les nôtres
Violée dans ton corps, bafouée dans ton âme
On se bat et on lutte pour contrôler notre haine
Ivre de violence, ce loup si jeune rodait en ces lieux
Recherchant sa part de sang, sa victime isolée.
Aujourd’hui, tu n’es plus petite fille, mais nous, un peu perdus
Garderons comme une cicatrice ton visage, et en regardant les étoiles
Noyés par le chagrin, tes amis se souviendront de ton prénom.
En ces moments de peine, la seule question qui nous hante…
Sommes-nous tous un peu coupables de générer de tels monstres.
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Un jour...Une heure...
- Le 04/05/2015
- Dans Poèmes, textes, billets d'humeur.
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Un jour … une heure…
La vie est parfois un chemin particulier.
Le bandeau se déroule
Jour après jour
Année après année.
Pourtant souvent
Toute une vie se résume
A
Un jour…une heure
On pourrait faire le bilan d’une vie
A travers le récit de quelques moments
Cet oral de bac ou on a passé l’obstacle
Cet entretien d’embauche ou le courant est passé
Ce regard croisé avec un homme, une femme
Ce moment ou deux brosses à dents
Se sont posées sur la même tablette
Ce moment ou notre corps
A appris qu’il pouvait se fondre à un autre
A
Un jour…une heure
Et puis il y a ces temps décalés
Ces rendez-vous ratés
Ce regard que l’on croise entre deux portes
Cette émotion
A
Un jour…une heure
Et puis il y a des rencontres
Au mauvais moment
Au mauvais endroit
Se dire parfois
Que si
A un autre jour
Une autre heure
Le destin serait différent
On a tous ces périodes
Ou le calendrier se décale
On est en avance ou en retard
Pourtant il suffirait parfois
D’un peu de culot
D’un peu d’abandon
Pour que tout
Se retrouve
Au bon jour
A la bonne heure.
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Un soir au bureau...
- Le 03/05/2015
- Dans Textes pour adultes.
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Un soir au bureau….
La vie est parfois singulière.
Nous nous connaissons depuis longtemps…
Tu es une très belle femme.
Les années sont passées sur toi, les souffrances ont laissé leur trace…
Mais ton corps respire la sensualité
Il y a longtemps que je te regarde.
Il y a longtemps que tu as une place dans ma boite à images.
Nous parlons souvent de sexe… en riant… entre potes…
Tu sais comme moi que tout cela émoustille le cerveau.
J’ai envie de toi…Mais comment te le dire.
Je ne suis pas James Dean.
Mais après tout…
Pour gagner, il faut tenter sa chance.
Je laisse courir mon imagination…
C’est le soir, nous sommes en hiver…
19 Heures…Il fait nuit.
Je suis dans mon bureau, l’étage est vide.
Je suis devant mon écran.
Je t’envoie un message.
« J’ai envie de toi »
« Monte ! »
Je vais sans doute me couvrir de ridicule…
Cet après midi, j’ai réaménagé un peu mon bureau.
J’ai poussé l’armoire devant la partie vitrée.
Si tu viens, nous pourrons nous retrouver seuls.
Les minutes passent.
Je sais que tu as lue mon message.
L’accusé de réception m’empêche maintenant de reculer.
Je ne sais que faire.
Attendre !
T’appeler pour m’excuser !
Déjà quinze minutes…
Et puis…
Mon cœur s’emballe.
J’entends quelqu’un monter les marches.
Lentement… Très lentement.
Dans quelques secondes, je vais savoir si c’est toi.
C’est toi !
Tes cheveux m’apparaissent dans le dernier virage des escaliers.
Bientôt je vois ton visage qui regarde vers moi.
Les dernières marches sont interminables.
Tu es belle, tu me souris.
Je ne sais pas encore ce qu’il va se passer…
Mais je sais que rien de grave ne peut arriver.
Je te regarde monter.
Il me semble que ton chemisier est plus ouvert que lors de notre pause…
Maintenant c’est certain…
On devine le liseré de ta dentelle.
Tu es à l’entrée de mon bureau.
Tu t’arrêtes.
Je me lève.
Les secondes sont des heures.
Je n’ose aller vers toi.
Tu fermes la porte derrière toi.
Tourne le verrou
Eteins la lumière.
Il nous faut quelques secondes pour nous habituer à l’obscurité.
Mon bureau n’est plus allumé que par les lumières que l’on devine au loin.
Je m’approche de toi.
Nos yeux s’accrochent l’un à l’autre.
J’ai envie de toi
Mais j’ai peur de rompre la magie de l’instant.
Je vais pour te parler mais…
Ton doigt se pose sur ma bouche.
« Chut »
Tu te décales dans le coin du bureau
A l’abri des regards
Appuyée contre la cloison
Mon visage s’approche du tien.
J’embrasse ton front
Tes paupières
Tes bras se referment sur moi
Nos lèvres se joignent
Nos bouches s’entrouvrent
Timidement…
De moins en moins timidement.
Je goute le gout de ta bouche.
Je me presse contre toi
Je veux que tu sentes mon désir
Ton corps bouge un peu
Comme pour mieux me sentir.
Mes mains s’affolent
Viennent ouvrir ton chemisier
T’en débarrasse
Tes seins lourds sont là
Devant mes yeux
La lumière est faible
Mais je les connais
Combien de fois mon regard les a devinés
Ma main passe dans ton dos et les libère.
Mon visage plonge entre tes seins.
Ta main caresse mes cheveux
Ma bouche dévore tes appâts
Je ne me lasse pas
Je me laisse tomber à genoux
Un « oui » s’échappe des tes lèvres
Je frotte mon visage contre ta jupe
Mes mains remontent le long de tes jambes
Et là petite surprise
Aucune culotte ne protège ton intimité.
Je te regarde avec un air idiot
« Je l’ai enlevée après ton mail »
« Cadeau ! »
Ma bouche plonge sous ta jupe
Ton sexe est inondé
Tu me repousses
Qu’as-tu ?
Tu te tournes contre le mur
Te cambres
« Viens »
Je me libère
Soulève ta jupe sur ton dos
Ton cul est magnifique
Invitation à d’autres voyages
« Viens »
Comment ne pas t’obéir
Ton sexe m’attend
Je m’enfonce en toi
Lentement
Un bruit !
Le gardien fait sa tournée.
« Ne bouge pas ! »
Une pression sur la poignée de la porte.
Il repart.
Il doit vérifier le soir la fermeture des portes.
Je suis toujours en toi.
Les muscles de ton ventre massent mon sexe
Je commence un doux va et vient
Tu accélères le rythme
Notre plaisir commun monte……….
6 h 45…Europe 1…. Les premières infos….
Zut… Tout cela n’était qu’un rêve.
Je vais te voir tout à l’heure au bureau… Mais
Je suis trop timide…
Je n’oserai jamais t’envoyer ce mail…
A moins que….
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Où sont les féministes ?
- Le 02/05/2015
- Dans Poèmes, textes, billets d'humeur.
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Où sont les féministes ?
Debout les femmes réveillez-vous.
Ne voyez-vous pas se refermer sur vous
Les griffes de tous les obscurantistes.
Regardez ces femmes enfermées par des Talibans de banlieue
Pour ne pas susciter le désir, derrière un grillage de tissus
Emprisonnées sous nos yeux sous une étoffe moyenâgeuse
Aujourd’hui sur les rives du Jourdain, séparées dans des bus
Au pied du mur des lamentations, au pays de la grande Golda
Des tartuffes à bigoudis vous chassent et vous écartent
Dans l’Amérique plus que jamais profonde
On vous refuse le droit de disposer de votre corps
Pour protéger la vie, on veut empêcher la votre
Ici même, certains soulignent dans un murmure
Moins de chômage si vous étiez à la maison
Laissez donc la place aux hommes.
Qu’attendez-vous pour reprendre la parole
Si vous laissez faire vos filles demain
Redeviendront des objets méprisés.
Revenez à l’essentiel, chassez ces mignonnes
Qui ne trouvent comme cause unique
Que de nous faire dire une ministre, une écrivaine.
Ressortez vos pancartes, brulez vos corsets
Chassez des parvis, ces religieux néfastes
C’est avec des femmes libres que le monde vivra.